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Congo Hold-up : comment s’enrichir avec l’organisation d’un sommet ?

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Congo Hold-up : comment s’enrichir avec l’organisation d’un sommet ?

Luxueux « cadeaux », contrats passés sans appels d’offres, montants exubérants, etc. : l’analyse des comptes de l’organisation du sommet de la Francophonie tenu en 2012 à Kinshasa révèle des dépenses incongrues. Au total, 90 millions de dollars ont été dépensés pour deux jours de sommet, dans un pays où 73% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Une partie de cette frénésie dépensière a été financée par des fonds de l’aide publique au développement française.

Le « développement de la démocratie », « le soutien à l’État de droit et aux droits de l’homme », le « rapprochement des peuples », la « promotion de l’éducation »… Les objectifs affichés par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), institution créée en 1970, sont louables et pour le moins consensuels.

Afin de les concrétiser et de les décliner en priorités plus concrètes, un sommet réunit tous les deux ans les chefs d’État et de gouvernement membres de l’organisation. En 2012, le choix se porte sur Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo où le français est la langue officielle.

Le président congolais, Joseph Kabila, est alors en position délicate : il est très critiqué pour les fraudes massives lors de l’élection présidentielle qui l’a reconduit à la tête du pays en 2011 et la répression des opposants qui a suivi. À l’époque, son Premier ministre se réjouit : c’est une « grande opportunité » pour son pays de « présenter au monde l’état réel de son évolution politique, institutionnelle, économique et sociale ».

Des documents inédits indiquent que le sommet a surtout été une grande opportunité d’enrichissement pour une petite élite de hauts fonctionnaires congolais et d’entrepreneurs congolais et étrangers. Alors que le budget communiqué à la presse à l’époque était de 20 millions de dollars, nous avons pu établir qu’il était en réalité de 90 millions de dollars – une somme exubérante dans un pays où le revenu national brut (RNB) par habitant était alors de 32 dollars par mois.

RFI avec Senegal7